
La règlementation : La loi sur l‘eau et les milieux aquatiques investit
- L'UNPF et la Fédération Nationale des associations départementales agréées de pêcheurs amateurs aux engins et filets sur le domaine public
Chacune de ces instances émanées des fédérations départementales bien distinctes, émanant elle même de l’ensemble des associations locales.
Cela signifie-t-il que l’Etat veut prendre davantage d’égard vis-à-vis des pêcheurs amateurs aux engins ???
On connait bien les missions des FD et AAPPMA (pêche à ligne) art. L434-3 code env.:
- Gestion de la pêche (contribuent à la surveillance de la pêche, exploitent les droits de pêche qu'elles détiennent,…)
- participent à la protection du patrimoine piscicole (bon là y aurait pas mal à dire…) et des milieux aquatiques et effectuent des opérations de gestion piscicole (qui dans bien des cas consiste surtout à lâcher des truites de bassines… Il y a de la provocation dans mes propos… j’en conviens ! Et bien sur gestion piscicole).
- Education (club…).
Et les associations de pêcheurs amateurs aux engins ?
Théoriquement ils avaient et ont toujours les mêmes droits et devoirs que les pêcheurs à la ligne sur les baux de pêche qu’ils détiennent… Ainsi eux aussi lâchent du poisson ???!!! Ou ils se contentent d’attraper les poissons que relâchent les pêcheurs amateurs à la ligne…
A priori eux aussi procèdent à l’alevinage. Mais avec moins de 7000 adhérents en France (pour 1,5 Millions de pêcheurs à la ligne), quel moyen ont-ils vraiment ??? La cotisation départementale par pêcheurs est de moins de 10€ à plus de 350€. Il y a des taxes supplémentaires dés qu’il s’agit de saumon, civelles, anguilles...
L’un des objectifs clairement clamé par l’Etat avec le rassemblement des deux FD de pêche (engins et lignes) est que les pêcheurs amateurs soient davantage reconnus et puissent défendre aux mieux leurs intérêts !!!! (Article L434-3 : Les décisions de chacune de ces fédérations, relatives à la pêche amateur aux engins et aux filets, sont prises, à peine de nullité, après avis d'une commission spécialisée créée en leur sein et composée majoritairement de représentants des pêcheurs amateurs aux engins et aux filets sur les eaux du domaine public.)…
Les pêcheurs amateurs aux engins représentent moins de 1% des pêcheurs amateurs ! Par exemple en Dordogne
A l’échelle nationale,
Jusque là j’ai essayé de retranscrire objectivement le cadre règlementaire et les égards pris à l’encontre des pêcheurs amateurs… Ces pratiquants bénéficient d’une représentativité bien supérieure à ce qu’il représente réellement.
Mais pour quelle pratique…
Le pourquoi…
Le cadre règlementant la pratique des pêcheurs amateurs est très fort (période de pêche, équipement, type d’engins…). De même la pratique se limite aux eaux publiques (cours d’eau domaniaux), à savoir moins de 10% du linéaire totale en France. Bon ceci est pour en finir sur l’aspect règlementaire… je n’ai pas fait cette liste afin d’avoir bonne conscience… au contraire je vois cela comme une procédure lourde, lente, poussiéreuse, qui ennui tout le monde pour un objectif franchement louche.
En effet, les règles du jeu concernant la pêche amateur aux engins ne témoignent –t- elles pas du réel risque de ces pratiques ? Cette pêche a lieu dans des milieux riches… peut-être les plus riches ! Certains me diront, on pêche là où il y du poisson… Et oui…
C’est dans les parties avales des cours d’eau, celles classées en domaniales, que l’on trouve le plus d’espèces ayant une richesse patrimoniale (et malheureusement commerciale) certaines : aloses, saumons, anguilles, civelles, lamproies… Ce sont aussi ces espèces qui sont aujourd’hui les plus menacées !

Pourquoi les baux de pêche ne sont-ils pas donnés sur les parties amont des cours d’eau ? De manière totalement subjective je dirai que c’est parce que le souci de la fario et le fondement même de nos vieux présidents de FD et d’AAPPMA. Le sacré c’est la truite…
Plus objectivement c’est parce que c’est l’Etat qui touche l’argent… Et oui, les baux de pêche alloués par les pêcheurs amateurs aux engins vont directement dans la poche des gestionnaires de ces cours d’eau… domaniaux… Généralement c’est VNF (Voie Navigable Fluviale). Ceux-ci voient déjà leurs budgets diminués comme peau de chagrin, ainsi le poids financiers des pêcheurs amateur aux engins est toujours plus important !!! Et mine de rien ce n’est pas négligeable dans une conjoncture visant à réduire les budgets des ministères… Quel est le poids d’une espèce en danger comme l’anguille face à l’envolé du pétrole…
Pour en finir avec les pêcheurs amateurs aux engins, je voudrai terminer sur la motivation des pratiquants… Ou est le plaisir à ramasser des nasses, remonter des filets…
J’insiste sur la notion de plaisir car la pêche aujourd’hui ne doit plus être qu’une source de plaisir. Je me suis longuement exprimé sur la pêche professionnelle. Aujourd’hui je critique la pêche aux engins car à mes yeux elle n’est plus fondée… La pêche amateur à la ligne doit être aujourd’hui la seule pratique tolérable sur des écosystèmes tellement fragiles… Mais cette pêche amateur aux lignes doit se faire absolument avec le systématisme du catch et release… Avec le souci de l’aménagement des milieux pour l’accueil d’une population et non plus une politique visant à lâcher du poisson en masse !
Pour la pratique aux filets et engins, celle-ci ne répondant en rien à la pratique ludique et au no-kill, je rêve que l’on interdise cette pratique… tout simplement !
Au moment ou les pêcheurs à la ligne deviennent un peu meilleurs de jour en jour, j’ai du mal à voir la place des engins et filet dans l’éthique qui se met en place. Au-delà de l’aspect ludique que l’on doit à tout prix prôner, le pêcheur à la ligne dépasse le no kill… En effet, aujourd’hui l’objectif et de prendre du poisson en le stressant et le blaisant au minimum…
Les carpistes dispensent des soins à base de permanganate afin de faciliter la cicatrisation du poisson. Les pêcheurs à la mouche sortent à peine leurs poissons de l’eau afin de ne pas les stresser. Les pêcheurs aux leurres sont en train d’écraser leurs ardillons et remplacer leur triple par des simples… A l’inverse les pêcheurs aux engins relèvent leurs filets et nasses aveugles…
Quand allons passer véritablement à une phase opérationnelle pour la protection et réhabilitation des milieux aquatiques… Quand-est-ce que nous allons enfin virer les responsables émasculés uniquement soucieux de ne pas faire de vague… Comment l’ONEMA peut-elle contrôler des pêcheurs pro avec si peu de gardes alors qu’en même temps elle est supposée contrôler les pêcheurs pro, les pêcheurs à la ligne, suivre les procédures police de l’eau pour travaux sur cours d’eau ou sur les milieux aquatiques en général, assurer des missions
Les choses changeront elles un jour… verront nous un jour la disparation de la pêche pro et amateur au filet…L’espoir fait vivre…

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