Pourquoi faut-il abattre toutes les carpes pour sauvegarder la qualité de nos eaux ?

Eutrophisation

Il n’est malheureusement pas nouveaux d’entendre dire que les carpes sont à l’origine de l’eutrophisation… Pourtant, je ne pense pas être le seul à faire des bons sur ma chaise lorsque j’entends les arguments qui accompagnent ce type de déclaration.

  La théorie.

Les carpes sont des poissons fouisseurs qui remettent en suspension les éléments à l’origine des phénomènes d’eutrophisation. Ce phosphore (puisqu’il s’agit de lui dans ce cas précis) relargué par nos carpes, est à nouveau accessible aux plantes et végétaux à l’origine du comblement des étangs et de leurs morts… Ainsi, des ingénieurs bien intentionnés proposent de retirer le problème de nos étangs… enfin les carpes quoi !

 

De plus, on constate que cette théorie s’enrichie du fait que les pécheurs sont également à l’origine de l’eutrophisation… L’explication est la suivante : nos appâts contiendraient 1% de phosphore, or l’usage astronomique que nous en ferions, serait à l’origine de l’enrichissement des étangs…

Donc ce n’est pas seulement la carpe qui est à l’origine de l’eutrophisation mais également le carpiste !!!!!!

 

Je propose ainsi un petit point rapide sur l’eutrophisation, il n’est pas question de commencer un cours de biochimie, mais il est indispensable d’en comprendre un minimum pour prendre la mesure de l’énormité qui circule…

  L’eutrophisation ?

L’eutrophisation est avant tout un phénomène naturel. Et ceux-ci d’autant plus que l’évolution naturel de l’ensemble des plans d’eau de la planète (sauf un : le lac Baïkal !) est l’eutrophisation, l’hyper eutrophisation et le comblement. En effet, les eaux s’enrichissent naturellement de phosphore et d’azote (sous diverses formes). Ces éléments (qui sont tout simplement des engrais) permettent le développement des végétaux aquatiques. Dans une première phase ces éléments, arrivés naturellement depuis le bassin versant et le plan d’eau lui-même, ont des conséquences négligeables. Peu à peu, la quantité arrivante étant supérieure à celle utilisée, le milieu s’enrichie toujours plus. Le second stade est une abondance de vie, car il y a multiplication de nourriture primaire et par voie trophique un accroissement de toutes les formes de vie. Néanmoins, arrivé à un certain stade, les végétaux vont être si envahissant (macrophyte, phytoplancton, cyanobactérie...) qu’ils vont nuire à toutes autres formes de vie. Les premières victimes sont les poissons (des salmonidés jusqu’aux cyprinidés les plus résistants comme la brème), ensuite ce sont les hommes qui sont en danger avec des risques pathologiques.

 

Ainsi vous me direz, si l’eutrophisation est un phénomène naturel, où est le problème ?

Le problème est d’abord que l’eau est la ressource indispensable à notre vie, qu’il est primordial de veiller à sa qualité pour notre santé, or avec sa dégradation le coût des traitements est toujours plus importants et donc le prix de l’eau toujours plus fort... Jusqu'au jour où on ne pourra plus la traiter !!

Ensuite il est important de préciser que le phénomène n’est plus aussi naturel que cela. En effet, les activités anthropiques accélèrent très fortement l’eutrophisation !

 

Les causes principales sont : l’agriculture et l’emploi exagéré d’engrais. Ensuite nous avons la pollution urbaine. Nos déjections sont chargées de ces éléments nocifs. Or, les infrastructures d’assainissement sont loin de respecter les normes, et leurs réhabilitations sont très coûteuses. Enfin, il y a les activités industrielles.

 En proportion, ces phénomènes sont à l’origine d’au moins 95% des éléments nutritifs présents dans nos étangs et cours d’eau. Les 5% restants, que je m’autorise à qualifier de naturel, sont issus des poissons, les batraciens, les oiseaux, les arbres, les algues… La vie quoi !

  Le fin mots…

Ainsi les porteurs de ces théories proposent d’éliminer les carpes car elles larguent et produisent du phosphore. Courageuse décision de s’attaquer aux carpes qui sont l’origine la plus négligeable de l’eutrophisation. Décision scientifique d’autant plus absurde que les carpes relarguent ce qui existent déjà dans le plan d’eau.

 

Certains bureaux d’études ou industriels proposent des poudres magiques afin de retrouver une transparence suffisante aux exigences réglementaires des eaux de baignade… Ainsi au lieu de lutter contre l’origine du phénomène : les engrais, les stations d’épuration obsolètes ou encore les industries polluantes. On préfère sortir quelques kilos de carpes.

 

Si ça ne s’est pas un aveu d’impuissance !!!!! Attaquons nous au plus faible pour faire mine que l’on est sensible au problème.

 

Dans certains départements cette théorie absurde est très fortement défendue par les DASS. Ironie lorsqu’on s’aperçoit que les personnes à l’origine de cette hypothèse sont celles effectuant l’ensemble des prélèvements d’eau pour la baignade pour le compte de la DDAS. Mais ces personnes vendent également des poudres magiques contre ces phénomènes (dont les conséquences en matière de concentration en alumine ou fer risquent d’être désastreuses dans quelques années). De plus, comme par hasard ces personnes (toujours les mêmes) ont des activités piscicoles dont l’occupation principale est la revente des poissons à l’issue des vidanges. Or le marché de la carpe se porte plutôt bien ! Situation d’autant plus comique que ces personnes gèrent des centres de pêche à la carpe ??!!!

C’est à ne plus rien y comprendre… ou plutôt si, on y voit trop claire.

  Conclusion.

La mascarade de sortir les carpes des étangs trouve donc deux explications.

 La première : l’argent, le business. La récolte et revente des carpes et la vente de produits miracles sont le font de commerce de bureaux d’études ayant compris que le marché est fleurissant. J’ai des noms…

Il y a de plus en plus de problème d’eutrophisation : c’est vrai. Mais quoi de plus logique puisque l’on ne s’attaque pas aux véritables origines du problème !

 

La seconde explication est politique : les administrés ont aujourd’hui l’impression que les élus se bougent pour répondre à leurs problèmes… Parlons-en dans quelques années, lorsqu’il n’y aura plus de carpes dans les étangs et que nous rencontrerons encore des problèmes d’eutrophisation… Et puis le fond du problèmes n'est-il pas qu'l est impossible de faire comprendre à un maire qu’il faud des dizaines d’années pour résoudre le problème, alors que sont mandat arrive à son terme ?

 

Ainsi, la solution actuelle est de taper sur les plus faibles : la carpe et le carpiste… Rappelons à toute fin utile et sans vouloir faire du Darwinisme, que la carpe est un poisson qui s’en sort vraiment bien… Enfin, si les élus et fonctionnaires des DDAS lui foutent la paix. En plus des trafiquants…

 

 

supprimer les carpes

c'est ce que j'ai fait dans mon etang et 2 ans apres plus de poissons de fond donc eaux tres claires et maintenant comme le soleil traverse a travers je me retrouve avec une proliferation de potamots .je ne plus plus pecher et beaucoup d'algues filamenteuses donc je remets des carpes....

...

Merci pour cette petite expérience...

la haute-vienne se distingue encore !!!

bonjour, je tiens à vous féliciter pour la qualité de votre article, car il reflète parfaitement la situation des plans d'eau communaux de haute-vienne (première catégorie). Ici la truite est le poissson roi et toutes les autres espèces sont oubliées, quant à la carpe elle considérée tout simplement comme un nuisible inavoué (j'ose pas parler du silure tellement ce carnassier fait peur aux élus, "il mange tout" rendez-vous compte)et elle se doit donc de disparaitre aux yeux des élus pour qui elle est la seule cause (avec les carpistes ne l'oublions pas) de la pollution que subis ces petits étangs qui ne peuvent donc pas prétendre au pavillon bleu signe d'une bonne qualité de l'eau de baignade que les communes recherchent tellement (business quand tu nous tiens !). Je ne peux m'empécher d'évoquer le cas du lac de châteauneuf la forêt(12 ha), qualité de l'eau jugée comme moyenne cette année ( donc non polluée) cependant la prolifération d'algues dues à l'eutrophisation à fait réfléchir les élues pour préserver la qualité de l'eau de baignade: solution (roulements de tambours) vider le plan d'eau et virer carpes et silures (quelle reflection!)et ne pas les réintroduire. la vidange aura lieu sans doute prochainement, peut-être moins de un an, quel sera le sort réservé aux poissons jugés comme responsables de tous ces malheurs? Ce cas montre bien l'ignorance et la faculté qu'ont nos élus à boter en touche pour régler les problemes à long terme sur du cours terme moins honéreux mais certainement pas efficace, car dans peu de temps cette "pollution" reviendra, et comme il n'y aura plus de poissons ni même de pêcheurs à accuser que se passera-t-il? les véritables fautifs payeront-ils? où les baigneurs en remuant l'eau et les sédiments seront-ils aussi jugés de pollueurs? en bref on vire les poissons mais on ne sauve pas le plan d'eau qui sera tôt ou tard jugé comme pollué et donc non rentable pour le tourisme de la commune(bien joué pour l'argent investi pour la vidange avec la création de bacs à sédimentation, formidable gestion!)Ce cas est un exemple parmis d'autre de ce qui se passe autour de nous. Malgré un long combat la petite société de pêche n'a pu que se résigner face aux projets de la commune mais a-t-elle été vraiment soutenue par la fédération pour empêcher cela? nous ne le saurons point! Gael

merci...

salut Gael, merci d'avoir pris le temps de lire et de répondre à cet article... Je t'invite à poursuivre avec l'article consacré à la Haute vienne et tu comprendras que ce département est bien mal placé en matière de protection des milieux... Que ce soit carpes, carnassiers ou truites... Manu