MIGADO... Interview !!!!!

 

En 1989, le regroupement associatif des dix Fédérations de Pêche et des trois Associations de pêcheurs professionnels des bassins de la Garonne et de la Dordogne conduit à la création de l’Association MIgrateurs GAronne DOrdogne (MI.GA.DO.).Cette association assure dès lors la maîtrise d’ouvrage de certaines opérations et vient renforcer l’appui technique de l’Office National pour l’Eau et les Milieux Aquatiques (ONEMA) afin de développer des actions en faveur des migrateurs. A partir de 1998, l’Association MI.GA.DO. devient un des plus importants partenaires des programmes de restauration.

Pourquoi Migado a-t-il vu le jour ?

Malheureusement, la raison n’est pas singulière au bassin versant de la Dordogne et de la Gironde. En effet, depuis 200 ans le stock des espèces piscicoles et plus particulièrement des espèces amphihalines (saumon, anguilles, esturgeon commun ; truite de mer, lamproies…) sont  en voie de régression. Les raisons sont multiples : destruction des zones de frayères (dragages, pollutions…) mise en place de barrages empêchant la libre circulation piscicole, la pêche intensive, la pollution industrielle ou urbaine (système d’assainissement insuffisant ou absent), destruction des habitats (assecs…) etc.…

J’ai trouvé sur leur site internet la structure de MI.GA.DO.

  • Une équipe de 22 permanents et de 3 contractuels (selon les années) qui se compose :
    • pour la partie technique de 6 chargés de missions (hydrobiologistes) dont un coordinateur technique et de 12 techniciens et/ou agents techniques (dont 2 sont mis à disposition de l’Association par l’ONEMA.).
    • pour la partie administrative, une directrice administrative et financière et 3,5 secrétaires et/ou agents de bureau.
  • La gestion de plusieurs structures propres à l’Association ou mis à disposition :
    • un siège social dont la situation géographique a été choisi en Lot-et-Garonne pour être situé entre les deux bassins Garonne - Dordogne,
    • une antenne en Dordogne située à Mouleydier (24) prés de Bergerac,
    • une antenne en Garonne situé prés de Toulouse à Saint-Orens (31).
    • un centre de reconditionnement de géniteurs de saumons atlantiques sauvages situé à Bergerac (24)
    • une pisciculture de production de saumons atlantiques située à Castels (24) prés de Sarlat (pour le bassin de la Dordogne) et dont la gestion est confiée à MI.GA.DO.
    • une pisciculture de production de saumons atlantiques (pour le bassin de la Garonne) situé à Pont-Crouzet (81), près de Revel, et propriété de l’ONEMA.; toutes deux confiées en gestion à MI.GA.DO.
    • l’ensemble des stations de contrôles des deux bassins (Golfech, Le Bazacle, le Ramier, Carbonne et Camon pour la Garonne, Tuilières et Mauzac pour la Dordogne).
On constate que cette association est devenue aujourd’hui très importante.Cette importance signifie-t-elle qu’il y a une véritable prise de conscience du problème ? Ou cette association en est-elle encore au stade de l’information et de la sensibilisation des élus et de la population ?  Quels est l’état des stocks des ces poissons migrateurs ? Les barrages, principales contraintes au cycle biologique de ces espèces migratrices, sont-ils tous équipés de passes à poissons et surtout sont-elles efficaces ? Que fait-on pour l’avalaison ? On entend que l’anguille sera la prochaine espèce en voie de disparition… Qu’en est-il ? La nouvelle loi sur l’eau est-elle un outil efficace permettant un  vrai changement…  Afin d’obtenir des informations, je me permets de poser quelques questions à Vanessa Lauronce chargé de mission à MIGADO :

 *Bonjour, peux-tu te présenter et vois-tu des petites choses à ajouter sur MIGADO ?Bonjour, je pense que cette brève présentation de MIGADO est assez complète et reflète bien l’organisation de la structure. Au sein de MIGADO, je suis principalement chargée des actions développées sur l’anguille. Nous venons d’achever un programme européen sur l’anguille qui a duré 3 ans, et a permis de développer des indicateurs d’abondance et de colonisation de l’anguille, afin de suivre l’évolution de la population dans le bassin et l’efficacité des mesures de gestion mises en place. De plus, je suis animatrice depuis 3 ans du Groupe Technique Anguille du COGEPOMI (Comité de Gestion des Poissons Migrateurs) pour le bassin Gironde Garonne Dordogne Charente Seudre Leyre, comité qui fait des propositions d’actions, de mises en place de mesures de gestion et élabore le plan de gestion des poissons migrateurs. Depuis peu nous développons également de nombreuses actions sur les parties aval du bassin, afin d’identifier les potentialités piscicoles des affluents de la Garonne et Dordogne, des zones de marais, en partenariat avec les acteurs locaux.     

 

 

 

*Ou en sont les stocks des poissons que MIGADO surveille et tente de préserver ? Et surtout quels sont aujourd’hui les principaux problèmes à résoudre ?Le saumon, la grande alose et l’anguille sont à l’heure actuelle dans des situations très alarmantes. En ce qui concerne l’alose et l’anguille, les stocks sont au plus bas actuellement et les mesures de préservation et de gestion doivent être prises de manière urgente si l’on veut un jour revoir ces populations se développer de nouveau. En ce qui concerne le saumon le plan de restauration continue, mais les résultats sont difficiles à entrevoir encore actuellement. Les stocks de lamproies marines se sont récupérés depuis quelques années, et la population, bien qu’à surveiller, comme celle d’alose feinte et de lamproie fluviatile, semblerait être stable. On ne peut pas dire qu’il y ait un problème majeur qui a provoqué cette situation. C’est un enchaînement de situation et de causes diverses. Sans ordre de priorité, nous pourrions citer - les problèmes de quantité d’eau (avec énormément de pompage et des problèmes d’assecs et de réchauffement de l’eau -en août dernier l’eau de la Garonne à Agen était à 31°C) , - la qualité de l’habitat (avec des curages de fossés, de cours d’eau et des destructions de frayères),  - la qualité du milieu et de l’eau (avec des contaminations industrielles et domestiques importantes – surtout au niveau de l’estuaire, du bassin du Lot, du Tarn…) ce qui inclut également les problèmes liés au bouchon vaseux, - les obstacles à la migration de montaison et dévalaison . Actuellement seulement 40% du bassin est accessible aux poissons migrateurs sur les axes principaux (blocage des grands barrages amont du bassin), et sur les affluents aval qui représente des secteurs intéressants pour l’anguille, seulement 10% du linéaire est facilement accessible. De nombreux obstacles, vannes, moulins, seuils de pont bloquent la migration, et empêchent l’anguille de coloniser le bassin, et la lamproie d’atteindre des zones de frayères potentiellement intéressantes. En ce qui concerne la dévalaison, actuellement aucun grand ouvrage n’est équipé de système de protection à la dévalaison. En l’état actuel des connaissances et des techniques, la solution qui semble être la plus efficace et faisable est l’installation de grilles fines de 2 cm à l’amont des turbines, et d’exutoires de dévalaison pour l’anguille, et pour les smolts (jeunes saumons) ou pour les alosons (jeunes aloses), des exutoires de surface avec également l’installation de grilles semblent être efficace. Une alternative pourrait être de laisser les vannes ouvertes et ne pas turbiner pendant les périodes de dévalaison. Les mortalités au niveau des turbines dépendent des conditions hydrauliques, et des caractéristiques des turbines. Mais de manière générale, on peut dire que entre 5 et 20% des smolts, et entre 15 et 70% à minima des anguilles meurent au passage dans les turbines.  - les pêcheries : les pressions sont différentes selon le type de pêcherie (professionnelle, amateurs aux engins ou de loisir). L’alose, l’anguille au stade civelle et anguille jaune, et la lamproie sont pêchés de façon assez intense actuellement. La pêche du saumon est interdite sur le bassin.     

 

 

 

*A tes yeux, la pêche professionnelle a-t-elle conscience de la situation des stocks ? Et est-ce qu’elle est prête à changer radicalement sa pratique ? La pêcherie professionnelle, comme amateur, est consciente à mon avis de la situation et de l’état des stocks. La pêcherie de civelle représente pour certains pêcheurs professionnels 80% de leur chiffre d’affaire actuel. Il est donc difficile de leur demander de changer radicalement de pratique. Cependant actuellement nous sommes en train d’élaborer le futur plan de gestion des poissons migrateurs pour les 5 prochaines années, dans lequel est inclus à la fois des mesures de gestion pour améliorer l’habitat, la libre circulation et la qualité de l’eau, mais également des mesures de réduction de l’effort de pêche toute catégorie. Si on veut vraiment observer une amélioration au niveau des populations, il faut travailler sur tous les domaines et tous les problèmes identifiés, et pas seulement une seule des pressions. 

 

 

 *EDF… y a t-il espoir de voir une vrai prise en charge des espèces piscicoles et notamment au moment des périodes de fraie ? (N.B : Cette question est un peu vague si on considère que la fraie de l’ensemble des espèces concernées s’étale de décembre à juin !!! Mais elle intéresse tout de même les lecteurs qui entendent régulièrement des infos sur des frayères mis à l’air suite à la gestion des vannes des barrages EDF)Nous travaillons de prés avec EDF sur différents thèmes. Nous avons des stations de contrôle sur plusieurs sites EDF, avec des passes à poissons, passes à anguille, et ascenseur à poissons. Nous travaillons également avec eux afin d’améliorer les éclusés et éviter le plus possible l’exondation de frayères. Des suivis réguliers sont fait par MIGADO lors de la manipulation de vannes ou lâchés d’eau. Un des problèmes importants encore à résoudre est, comme nous en parlions précédemment, le problème de la dévalaison.        Enfin, je terminerai en demandant s’il y a un espoir que le barrage de la Tuilière ne soit jamais réparé ?Le barrage de Tuilières n’est plus en eau depuis Janvier 2006. Des travaux sont actuellement en cours afin de remettre en eau le barrage le plus rapidement possible. Il sera donc réparé… Un groupe d’expert a été créé cependant afin de trouver une solution au problème de dévalaison des smolts, anguilles et alosons. La solution retenue par le préfet serait à priori l’ouverture des vannes pendant les périodes de dévalaison de l’anguille (de Novembre à Février) la nuit, et la mise en place d’un cache, qui empêcherait les smolts et alosons de passer à travers les grilles. Des suivis sont prévus afin de vérifier l’efficacité de ces systèmes de protection. Si les suivis montrent que ce système n’est pas assez efficace, EDF devra installer des grilles.      

 

 

 

 Merci beaucoup Vanessa pour avoir pris le temps de répondre à mes questions. Je te souhaite bon courage pour la suite... 

une priorité qui na pas l'air de préocuper le monde

Quand je vois ton blog , que j'aime vraiment et dont je partage les meme point de vue (enfin pas tout quand même ) , je suis un peu dégouté de voir que presque personne ne laiisse de commentaire . POurquoi car on a beau dire ce qu'on veut , mais les pêcheurs m^me avec l'amplification du no killl resume leur passion à la pêche et pas à l'environnement . Ce m^me environnement qui est à la base de tout. Mais bon les assoc comme LOGRAMI, au MIGADO ... font un boulot génial que je salut , dommage que ma revue préférer ne traite que trés rarement de sujets sur l'environnement , c'est sur aujourd'hui ca fait plus vendre de mettre un bass en couverture plutot qu'une magnifique jussie , si belle et si désastreuse ...

merci...

Voila un message qui fait bien plaisir... Tu sais j'ai aussi parfois l'impression de crier sous l'eau !!?? Tu vois sans doute ce que je veux dire... Puis parfois j'y crois. En tout cas Stéphane m'a permis de m'exprimer via ce blog et ça prouve sa sensibilité... Tu me verras bientôt dans Media Carpe (à partir du prochain) et Predators (vers septembre à priori) que nos rédac en chef (Numa et Fred) savent bien faire les choses... En tout cas ils me laissent un peu de place et je les en remercie très sincèrement ! J’attends ton avis... merci.

continu mon gars

Continu, aujourd'hui tu as la chance de faire un metier et d'avoir des connaissance qui de part ta médiatisation (via les revues précedamment cités) peuvent être entendu de tous . En effet tout ce dont tu parle dans ton blog et bien tout le monde s'en fou un peu et ca me fait chier à mort car c'est la base de tout . On aura beau avoir les meilleur outil de gestion et 100 % de no kill man , si le millieux est pourri c'est pas la peine . Alors en attendant de boulverser la situation , rabache , rabache, et rerabache car si parler d'une jussie ou du sturio est bien moin tendance que de parler de bass aux big baits , cela ne l'est pas à mes yeux . A quand une LPP (ligue protection poissons) ou des millieux aquaytiques car plus je me promene au botrd de l'eau et plus je suis dégouté par toutes ces choses qui n'interesse personne mais qui me font tant pleurer . Au fait je métais pas présenter précedamment : fabien mariaud

enfin on s'occupe de parler de l'environnement

Salut Manu je n'avais pas encore lu ton blog,voila qui est fait et je suis en phase avec pas mal de chose et je suis un peu plus satisfait que de voir que c'est le Grand Sud Ouest qui bouge en sachant que le president de MIGADO est aussi le meme que le president de la Fede de la Gironde maintenant esperons que tous ces beaux disours mais aussi toutes ces actions precitées porteront leur fruit halieutiquement Jerome Rabin

le sud ouest...

Salut Jérôme, sympa de te croiser sur mon blog mais espérant te croiser bientôt... nous aurons de quoi parler concernant les milieux et notamment dans le sud ouest... Amicalement Manu

on se voit bientot

salut Manu maintenant que l'on se croise numeriquement de plus en plus il serait bien de se voir meme de se faire une seance bass attack pour discuter de nos preoccupations sur nos pauvres milieux aquatiques halieutiquement jerome