Au tour des Aloses… !

 

La grande (Alosa alosa)

Ces clupéidés grégaires sont des poissons très prisés par les pêcheurs à la mouche. En effet, à défaut de grives ceux-ci se contentent bien heureux du « saumon des pauvres »… Pauvres ? Pauvre de nous... Pauvres aloses car aujourd’hui rien ne va pas plus…

 Biologie

Nous distinguons deux aloses : alose feinte, la plus petite des deux (moyenne de 30 cm) beaucoup moins prisée par les pêcheurs pro que la grande alose (environ 50 cm). Ces deux espèces ont des biologies très semblables puisque ce sont des espèces amphihalines qui remontent nos cours d’eau (la grande alose peu remonter jusqu’à 300km dans les terres) au printemps (avril/mai) pour frayer. Celles-ci viennent ainsi pondre en masse sur des fonds sableux et/ou graveleux puis meurent après la fraie. Les juvéniles restent jusqu’en septembre dans les cours d’eau et dévalent dans l’océan où ils restent jusqu’à leur maturité sexuelle, environ 3 à 7 années (selon l’espèce et le sexe).

   

 

Évolution

Les aloses sont toutes les deux inscrites au livre rouge des espèces menacées en France comme des espèces vulnérables. Leur aire de répartition a fortement régressé depuis la première moitié du 19ème siècle. Pendant de nombreuses années j’ai entendu que les aloses profitaient des échelles à poissons misent en place pour les saumons et que leurs effectifs étaient toujours en progression… Hérésie ! Ces migrateurs méconnus, hormis chez moi en Gironde pour des raisons culinaires, se font de plus en plus rares dans le Rhône, la Loire et l’Adour et ils ont carrément disparus sur la Seine et le Rhin… En effet, ces poissons ont payé un lourd tribu suite aux nombreux dragages, à la création de barrage hydroélectrique sans passe et à la pêche industrielle bien sur ! Ajoutons à cela pollutions et conditions climatiques difficiles de ces dernières années avec la récurrence de la sécheresse. Mais contrairement à certaines théories je ne pense pas que le réchauffement climatique soit l’élément à l’origine de la chute des effectifs… Trop facile de tout mettre sur le dos du réchauffement ! Objectivement c'est la sécheresse et le rehaussement  conjoncturel qui jouent. Cela ne veut pas dire tout à fait la même chose.

 

Le dernier bassin dans lequel les aloses survivent est le bassin Gironde/Dordogne/Garonne. Oui mais ces dernières années les effectifs ont lourdement chutés, et plus particulièrement ceux de la grande alose. Pour preuve, on comptait au barrage de golfesh plus de 100 000 grandes aloses en 1998... on en compte plus que 10 000 en 2006 !

Alors l’administration à pris une décision…

 La dernière…

Le 19 février 2008, le préfet de la Gironde a signé un arrêté préfectoral interdisant la pêche de l’Alose. Eureka !!!! Presque… Cet arrêté interdit spécifiquement la pêche de la Grande Alose jusqu’en janvier 2009 dans le département de la Gironde mais continu à autoriser la pêche et la capture de l’Alose Feinte  !!!???

 

Le mode de vie de ces poissons, et les caractéristiques de leurs migrations sont-ils assez éloignés pour laisser imaginer que les pêcheurs pro ne prendront pas de grande alose… Surtout que la maille du filet doit permettre de prendre de la petite alose, or je ne vois pas comment la grande, plus grande justement, pourraient s’en sortir…

 

Qu’est ce qui les différencie suffisamment pour justifier cet arrêté… En mer, l’alose feinte reste près des côtes contrairement à la grande alose et elle fraie plus en aval des cours d’eau. Le taux de survie des géniteurs est plus faible chez la grande alose car elle remonte plus haut dans le cours d’eau et paye ainsi une addition plus lourde des aménagements et seuils limitant la remonté… ce qui les rend également plus fragile vis à vis des faibles débits de ses dernières années.

C’est tout ??

 Oui…

 

Il n’y a donc pas suffisamment de différence entre ces deux espèces pour justifier cet arrêté et imaginer qu’il soit efficace… D’autant plus que c’est bien au cours de la migration, dans l’estuaire et partie aval des cours d’eau, que les pêcheurs pro opèrant seront soumis à l'arrêté. ceci est d'autant plus scandaleux  que les pêcheur pro marins, appellons les ainsi, en mal de poissons viennent taper les bancs côtier avant même qu'ils ne rentrent dans les estuaires !!!

Demandons nous enfin s'il y aura de véritables contrôles des pêcheurs pro qui selon cet arrêté seront supposés relâcher, même morte, les grandes aloses prises accidentellement.

 Je suis très pessimiste...

 Conclusion

N’aurait-il pas été plus simple d’interdire tout simplement la pêche de toutes les Aloses pour plus de précaution ??? Cela aurait été d'autant plus éficace que l'Alose a une faculté naturelle à faire remonter ses effectifs rapidement. Enfin si on lui en laisse la possibilité...

 

Mais attention, nous sommes en France, le pays qui dit oui à tout le monde… mais le oui accordé aux pêcheurs pro ne finira t-il pas d’achever la grande alose ?...

 

La grande oubliée : l'alose

C'est bien de parler de ce poissson dont on ne parle jamais et qui comme tout les grands migrateurs (esturgeon , lamproie, anguilles , saumon) mais qui souffre du même mal ; la bétise humaine . Ci celle ci avant les annnées 2000 était représenté en force c'est qu'elle a profité d'un engouement , mais qui n'était pas destiner à elle mais à Salmo salar. En effet elle a su profité des ,nombreuses passes à poissons destinées au saumon, encore un poisson dont bon nombre de personne se fiche. Continu de parler des oubliés et des mals aimés, fonce ....

merci !

Merci pour ce soutien, merci de passer quelques minutes à lire ces lignes qui un jour pourraient être enfin annonceuses de bonnes nouvelles...

Pour l'alose!

Bien sûr, l'interdiction totale de pêche aurait été une meilleure décision.On veut ménager pêcheurs et acheteurs et c'est finalement une mesure molle qui va de plus encourager les trafics.Maintenant, la pêche pro(en Garonne et Dordogne)n'est pas seule responsable de cette raréfaction(les autres raisons sont évoqués).Manu je suis donc totalement d'accord avec toi il faudrait un arrêt total de la pêche pour essayer de reconstituer les stocks ,continuer l'exploitation ne fait que empirer la situation.Malgré tout je ne suis pas pour une éradication définitive de la pêche pro à l'alose car si les populations redevenaient satisfaisantes(par bonheur!) cette pêche qui est loin d'être industrielle pourrait se trouver une petite place. Merci pour ces explications et pour tout ton blog, j'espère qu'on se croisera bientôt,peut-être le 1 juin. Drouch.

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Merci à toi...