
Au cours du long périple qu’oblige le jeu du lobbying, les carpistes suivent le plus souvent une voie longue et fastidieuse dont les résultats laissent trop souvent à désirer… En effet, il est coutume dans notre pays de faire partie d’une APPMA, dans laquelle on tente de faire comprendre la part grandissante des carpistes dans un système fortement marqué par la chute vertigineuse du nombre de pêcheur en France. Ainsi le premier chalenge est de convaincre les membres et présidents des AAPPMA de notre désir de voir s’accroître les secteurs de nuit. Si on arrive à cela c’est ensuite eux qui font remonter l’info et la motivation auprès de la fédération départementale. Mais devant elle aussi il faut faire preuve d’arguments… Enfin, seul le conseil d’administration et le président de la fédé proposent les secteurs de pêche de nuit au Préfet pour que celui-ci fasse paraître un arrêté d’autorisation de pêche de la carpe de nuit.
En bref le chemin est long et les résultats vraiment pas garantis dans un contexte ou les carpistes sont vu comme des marginaux qui non seulement pratiquent le no kill mais en plus vont même jusqu'à soigner le poisson !!!! Ne croyez pas que le no kill soit totalement rentré dans les moeurs ou même compris par la majorité des gens. En effet, même si on semble dépasser les remarques visant à ne pas comprendre que l’on ne mange pas le fruit de sa pêche, une nouvelle mode consiste à dire que les carpistes sont barbares puisqu’ils prennent plaisir à prendre des 10aines de fois les mêmes poissons et les faire souffrir jusqu’au trépas.
En bref, cette règle du jeu nécessite énormément de conviction face à des interlocuteurs totalement décalés par rapport à nos objectifs. La solution est peut-être la suivante et s’inspire directement de la réglementation française. Je vous offre sinon une méthode pour court-circuiter les AAPPMA, un moyen de les convaincre…
Le code de l’environnement distingue deux types de cours d’eau (ou plan d’eau) en matière de droit de pêche. Les eaux du domaine public et les eaux du domaine privé. C’est de cette distinction que viennent toutes les possibilités qui nous sont offertes. Le domaine public est fixé par l’article 1er du code du domaine fluvial et de la navigation intérieure. De manière générale il concerne essentiellement les plus grands plans d’eau et cours d’eau de l’hexagone. Ainsi, l’immense majorité des eaux françaises sont du domaine privé. Or cela peut-être une vraie arme car sur les eaux privées : « les propriétaires riverains ont, chacun de leur côté, le droit de pêche jusqu'au milieu du cours d'eau ou du canal, sous réserve de droits contraires établis par possession ou titres… Dans les plans d'eau autres que ceux prévus à l'article L. 435-1, le droit de pêche appartient au propriétaire du fonds » (code de l’environnement).
Cela signifie que pour pratiquer la pêche sur une eau privée il faut absolument l’autorisation du propriétaire foncier : « Sera puni de l'amende prévue pour les contraventions de la 2e classe quiconque pratique la pêche sans la permission de celui à qui le droit de pêche appartient ».
A quoi cela peux bien nous servir nous carpistes ?
Et bien sachez que normalement, une AAPPMA pour gérer les cours d’eau ou plans d’eau doit s’être vu rétrocéder le droit de pêche. Cela signifie qu’un bail de pêche en bonne et due forme doit être établi entre le propriétaire foncier et l’AAPPMA. Et ce n’est qu’à cette condition là que l’AAPPMA se verra gérer les baux de pêche. Mais il est important de savoir qu’une grande majorité des AAPPMA ne possède pas ces baux.
Ici l’opportunité est vraiment belle car il faut savoir que si la propriété foncière emporte le droit de pêche et le droit de passage, il en va également de l’obligation pour celui-ci d’entretenir le cours d’eau et d’assurer une protection du milieu. Or comme nous venons de le dire beaucoup d’AAPPMA ont négligé les baux de pêche, d’autre ont laissé passer les échéances (la durée d’un bail de pêche est de 2 à 20 ans max) et enfin certaines AAPPMA ne remplissent tout simplement par leur mission de gestion ou d’entretien du milieu. Sans parler des dégâts causés par les pêcheurs eux-mêmes : piétinement de la végétation, écrasement des clôtures, et dépôts de déchets en tout genre !!!!!
Ainsi, que vous reste t-il à faire… Deux choses : si vous avez la chance d’être propriétaire d’une portion de cours d’eau ou d’un plan d’eau, et bien voici un monnaie d’échange absolue. Autre solution, carpistes organisé ou pas vous avez la possibilité de récupérer les baux de pêche des propriétaires. En général il suffit d’assurer l’entretien en échange de droit de pêche pour qu’un propriétaire signe avec vous. Vous pouvez aussi tout simplement rencontrer ces propriétaires et leurs expliquer la situation car un bon nombre se crois obliger de laisser passer les pêcheurs !
Ainsi, avec un peu d’organisation, la réglementation nous offre la superbe opportunité de récupérer un maximum de droit de pêche et créer sa propre association. Ainsi on oublie la voie des AAPPMA et même celles des fédérations départementale de pêche !! Ou tout simplement on tente d’obtenir une monnaie d’échange absolue face aux AAPPMA en allant convaincre les propriétaires fonciers.
Attention toute fois, le droit de pêche n’emporte pas le droit de pêcher. En effet, sur les cours d’eau et les plans d’eau classés en eau libre, il y a tout de même l’obligation de respecter la réglementation de la pêche, ce qui signifie : permis de pêche, respect des périodes d’ouverture… Néanmoins j’imagine bien une association de carpiste, détenteur de baux de pêche en bonne et due forme, allé réclamer des secteurs de pêche de nuit directement au Préfet !!!!

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