
Ceci n’est pas un scoop… il y a une recrudescence de population outre manche qui vient en France pour acheter des étangs. Rappelons avant tout déversement gratuit de bile, que ce sont ces pêcheurs qui ont su mettre en avant les techniques qui aujourd’hui permettent à la France de voir encore l’activité halieutique attirer de nouveaux pratiquants. Néanmoins, il faut reconnaître que le phénomène inquiète…
Une fois les états d’âmes mis de côté, essayons objectivement de faire un point sur un phénomène avéré, en s’inspirant de la réglementation et de mon humble expérience dans un département ou des dizaines et des dizaines d’étangs et centres de pêche gérés par des anglais existent aujourd’hui !
Comme nous en avions déjà parlé, les milieux aquatiques en France sont divisés en deux catégories concernant le droit de pêche (droit de pratiquer la pêche sur un étang ou une rivière inféodée à l’autorisation du propriétaire foncier). Si une personne achète un étang privé, ou une propriété sur laquelle s’écoule un cours d’eau non domanial, celui-ci a le droit d’interdire l’accès à la pratique de la pêche. Même si la réglementation exige un permis de pêche (droit de pêcher). Ainsi, il n’est peut-être pas utile de sortir son couteau au nouvel acquérrant d’un bout de cours d’eau ou étang sous prétexte que l’on est français et que l’on pêche sur les lieux depuis plus de 20ans… Un certain Lord anglais propriétaire d’étang (La tricherie) en a fait les frais. Et croyez-moi, l’agresseur n’était pas un lascar habitué aux cocktails Molotov et charge de CRS ! Ainsi un anglais peut en effet vous interdire de pêcher depuis sa rive s’il en est propriétaire. Mais celui-ci doit tout de même respecter la réglementation générale de la pêche et à tout de même l’obligation d’entretien de cours d’eau… Ce qui n’est pas toujours un mince affaire !

Comme nous le disions, il y a effectivement une quantité important de britanniques qui s’amourachent de notre pays au point qu’ils traversent définitivement la manche pour y vivre et y pratiquer ce qui, au même titre que nous, représente pour eux la passion d’une vie… Ou un formidable business !!!
En effet, au cours de mes quelques années de bons et loyaux (j’espère !) services passés dans un service de police de l’eau et de la pêche, j’ai pu rencontrer au moins une 30aines de propriétaires au fort accent britannique. Ces Anglais n’étaient pas tous des voleurs, mais n’étaient pas non plus irréprochables …
Je dois reconnaître qu’au cours de certaines missions de contrôle de statut des étangs, j’ai régulièrement rencontré de jeunes propriétaires un peu atypiques. Débarqués sur notre territoire, le plus souvent en couple, ils avaient souvent l’air de trappeurs canadiens égarés, dont les vêtements de camouflage sentaient le Monster-Crab. Peignés à la nitroglycérine, ne parlant absolument pas Français, ces passionnées avaient en général tout lâchés pour investir toutes leurs économies dans le projet d’une vie. En effet, âgés le plus souvent de moins de 30ans, ils avaient acheté un étang de moins de 10ha en général, sur lequel ils envisageaient de créer un site de pêche. Leurs soucis se portaient le plus souvent sur la qualité de l’eau ou du cheptel de carpe. Or lorsque l’administration s’apercevait qu’ils avaient débuté une activité pour laquelle ils n’avaient aucune autorisation ; la nouvelle s’abattait comme la foudre. J’ai souvent vu des visages se défaire à l’annonce d’un plan d’eau « eau libre » ou la pêche était soumise à la réglementation de 1ère catégorie… ainsi pas de pêche de nuit, ouverture de mars à septembre et surtout pas avec 3 ou 4 cannes !!!!
Néanmoins, ces gens là avaient assurément bafoué la loi pas ignorance. Ils s’empressaient de régler leur situation quitte à alourdir la facture d’études d’impact, enquêtes publiques et aménagements type renforcement de digue, création de passe à poisson ou dérivation du cours d’eau... Ces anglais là sont à mes yeux plus en danger qu’à craindre, car avec la multiplication des centres de pêche, le défi est ambitieux !
J’ai vu aussi les pros !!! Ceux qui arrivent en ayant tout calculés : investissement de base, empoissonnement, aménagement du site, accueil des adhérents, desserte ou proximité de route et autoroute, voir aéroport… L’argent n’est ici pas un problème ! le budget comprend même le souci réglementaire ! En effet, la prise d’un cabinet d’étude pour identifier et demander le statut au titre de la police la pêche.
Ceux-ci je dois bien l’avouer étaient très disposés à écouter l’administration et marcher toujours dans les clous… Les contraintes sont valables pour tous, et ceux-ci l’avaient bien compris… L’intérêt c’est le milieu naturel avant tout ! (Enfin, en théorie c’est ce que doit défendre l’administration… l’intérêt général !) Un Certains Leslie Ryder, dont l’étang de la Tricherie a fait l’objet d’un article dans média, figure parmi les Anglais les plus réglo que j’ai pu voir…
Enfin, il y a enfin les hommes qui en apparence font tout cequ'il faut… Mais qui à la première mise à l’épreuve s’avèrent être des gens peu scrupuleux dont l’objectif est le bisness en vers et contre tout !!!
L’histoire débute par l’instruction d’un plan d’eau qui obtint sans trop de mal un statut d’antériorité au 15 avril 1825. Cette page réglementaire tournée, le propriétaire eut l’autorisation d’exploiter le site comme centre de pêche à la carpe. Néanmoins, celui-ci avait acquis un étang de 10ha totalement envahis par les nénuphars, écrevisses américaines (la Procambarus Clarki… La pire !!!) , poissons chat et surtout vase !!! En effet, après 10ans sans vidange, dont la précédente avait fait l’objet d’un contentieux, cet étang renfermé des tonnes de vases prêtes à pourrir le milieu dès l’ouverture des vannes !! Du fait de son statut réglementaire, le propriétaire avait l’autorisation de vidanger son étang à la saison requise. Néanmoins les avertissements des risques furent largement détaillés… Sans menace, l’explication d’une sanction immédiate fut donnée en précisant que compte tenu de l’état du plan d’eau, le mieux était de ne surtout pas vidanger !!!!! Mais voila, l’homme trop curieux de connaître son cheptel n’en fit qu’à sa tête. Les visites visant à expliquer la situation furent nombreuses, mais l’individu insista… Alors le rendez-vous fut pris pour un mercredi de novembre 2004… Date de la pêche du site. Inquiet quant à la sincérité du bonhomme, j’ai rendu tout de même visite au bonhomme 2 jours avant la date officielle de la pêche… Et la catastrophe !!!! Des milliers de m3 de vase partis dans le cours d’eau et l’étang en aval, des centaines de poissons chat échoués et un silure de 1m retrouvé mort asphyxié par la vase dans le petit cours d’eau juste au pied de l’étang… La suite, devant le tribunal correctionnel !
Ainsi comment ne pas avoir de suspicion sur un homme dont la sincérité vole en mille morceaux à la première occasion… comment ne pas avoir de doute sur les pratiques et l’origine du poisson…
En évitant de stigmatiser les Anglais, je peux dire aujourd’hui qu’il y a autant d’oiseaux de mauvais augure en France qu’outre manche. Aussi, c’est à l’administration française de faire son travail, ou tout du moins de s’en donner les moyens… Parfois une bonne explication vaut mieux qu’un procès toujours inutile au regard d’une pollution qui traînera ses conséquences pendant de longues années…

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