Pas comme les autres…

J’ai une tendance plutôt  alarmiste en ce qui concerne nos milieux aquatiques : chute de la qualité et de la quantité de nos eaux, esprit des pêcheurs évoluant à la vitesse de l’administration à l’égard du no-kill et des pratiques modernes, absence de renouveau à l’échelle des FD et AAPPM et  cheptel piscicole en rade… ça fait peur… Surtout quand on voit ce dont sont capables des pays comme l’Irlande, la Suède ou encore les USA, premier pollueur du monde mais aussi au premier rang mondial en matière de business pêche avec un milieu aquatique à l’image du nombre de pratiquants…

 

Mais tout n’est pas noir… non !!! Je crois en effet qu’il reste encore des parcelles de terrain dans notre hexagone qui recèlent des milieux de qualité et des poissons en quantité. Mais voila, le Saint Grâle se mérite… Les carpistes sont déjà dans la voie du pioneering, alors je m’engouffre dans cet esprit de vouloir pêcher dans des milieux magiques et riches, mais aussi isolés car l’un ne va pas sans l’autre… à mes yeux

 Pour être heureux vivons cachés et seuls…

Je n’aime pas trop pratiquer à côté des autres pêcheurs. Non pas que j’ai des choses à cacher, mais la promiscuité est une chose dont je veux me passer à la pêche, que je conçois seul ou bien accompagné (mon ami, mon frère…). D’autant plus que généralement, les coups de parking ou bien les berges sur-fréquentées sont régulièrement les plus pauvres en poisson… Alors voici ma voie.

 

Pour éviter la foule, pas 36 solutions. Avant de donner plus de détail, je me permets d’écarter deux techniques : le bateau et le float tube. Car pas toujours autorisé et pas toujours les solutions à la porté de toutes les bourses (je parle bien sur du bateau). Alors je propose plutôt le courage, la sueur et les waders.

 

Les waders tout d’abords, arme géniale pour la pêche mais aussi pour parer à d’éventuel propriétaire de berges ne voulant aucun pécheur chez lui… Comme vous l’avez déjà entendu, 90% des cours d’eau en France sont des cours d’eau non domaniaux, c'est-à-dire que le droit de pêche (droit d’accéder à la berge pour y pêcher) appartient au propriétaire foncier des berges : jusqu’au milieu du cours d’eau si celui-ci est propriétaire d’une seule berge et de tout le cours d’eau si on à les deux berges. Ainsi, en marchant avec les waders au milieu du cours d’eau, enfin là où c’est possible, on peut ainsi accéder à des lieux où les grincheux ont réputation d’empêcher de marcher chez eux.

 

En 2007, j’ai par exemple pu ainsi découvrir un lieu fantastique sur un cours d’eau en 2ème catégorie. Après une heure de marche dans l’eau, je suis arrivé sur un faciès lenthique précédent une chute d’eau d’un moulin à l’abandon. En amont du moulin, je sort deux petits brochets coup sur coup. En aval de celui-ci, sur un bief d’à peine 2000m², je fait 8 brochets en moins de 15 lancés… cool !

A ce moment là j’ai vu sortir de nulle part un garde particulier… Celui-ci m’a vu au milieu du cours d’eau… Or, le grincheux qui l’avait prévenu n’était propriétaire que d’une rive… Ce garde, qui m’a abordé très cordialement, m’a dit que c’était ok, et précisant de ne pas venir sur la rive gauche car c’était un terrain privé et ma présence gênée le propriétaire d’une immense demeure à plusieurs centaines de mètres de là … Bon s’ils avaient été propriétaires des deux rives j’étais bon pour dégager… Néanmoins dans une majorité des cas le cours d’eau marque les limites de propriétés, et ça c’est carrément bon pour nous…

 

Ainsi, pour résumer, il faut une bonne condition physique, des waders et le saint grâle peut-être atteint… C’est on ne peut plus vrai lorsqu’on sait que sur ce même cours d’eau, classé en 2ème, l’AAPPMA du coin lâche des tonnes d’arc en ciel de mars à avril pour l’ouverture de la 1ère (oui je sais….). Alors que 1 à 2 km plus loin, la où l’accès est carrément impossible depuis la berge, il y a une densité de brochet exceptionnelle.

 

Plus ironique encore, il y a la dynamique temporelle à prendre en compte. En effet, de Mars à Mai, les postes ou sont réalisés les lâchers sont tellement fréquentés que l’on se croit sur une plage de la Côté d’Azur un 15 août. Mais si on visite ces mêmes berges à un autre moment, durant la période estivale par exemple, c’est un tout autre paysage qui s’offre à nous… Pas un chat, et un milieu qui commence à se remettre du traumatisme du lâcher et de la foire menée par les viandards… Une petite visite de temps en temps peut permettre de tirer son épingle du jeu. Pour cela j’aime bien y aller 1 fois ou 2 à partir d’Octobre… Les viandards sont à la chasse en plus…

 

Le cours d’eau dont j’ai précédemment parlé, d’une longueur totale de 35km et d’une largeur ne dépassant jamais 5 mètres, possède ainsi au moins la moitié de son linéaire totalement immergé dans la forêt qui ne réclame  que notre courage et notre ténacité à trouver du poisson. Cette année mes meilleurs résultats, notamment du fait de la pression de pêche nulle, ont été faits avec des cranks… Et plus précisément le Peanut, qui grâce à son prix modique permet de prendre un peu plus de risque. Néanmoins, l’approche en waders possède aussi l’avantage de pouvoir récupérer un maximum de leurre… ainsi les pertes sont quasi nulles ! A essayer absolument…

 

Un Peanut croqué 8 fois...aie!!!  

 

Idem pour les plans d’eau

Pour les plans d’eau c’est un peu la même logique. Lorsqu’ils sont publics ou ouvert officiellement à la pêche, on arrive à tirer son épingle de jeu de la même manière… Waders, du courage et les cheveux pris dans les ronces… Pour ma part ayant une capillarité généreuse (type Fred Labrousse) la casquette predators m’a pas mal épargné…Car c’est souvent que j’ai rampé sous les ronces, même dans l’eau, pour atteindre des endroits vierges… Même dans des lacs très fréquentés.

 

Mais en ce qui concerne les étangs, s’est tout de même les endroits vierges que j’affectionne. Une piste supplémentaire à la démarche déjà largement développé dans quelques articles (google earth ou géoportail…) ce sont les étangs privés, de préférence eaux closes, appartenant aux agriculteurs… Primordial car la on touche une quantité exceptionnelle de plan d’eau à notre disponibilité.

 

Pour ma part j’habite dans le Sud Ouest, et des départements comme la Dordogne, le Gers ou encore la Haute Vienne, regorgent d’étangs privés appartenant aux agriculteurs. Je suis sur que dans les lieux que vous fréquentez au quotidien il y a ce type de plan d’eau non loin…

 

Et si en plus y a du poisson et que le proprio s’en n’est jamais préoccupé, alors c’est gagné !!! Je me permets de rapporter mon expérience… Il y a maintenant plus de 20ans, j’ai fait la connaissance, via mes parents, d’un couple d’agriculteurs, adorables, propriétaires de deux plans d’eau de 4 et 6 ha. Ils se souviennent avoir mis des cyprins, de la perche et du brochet, en oubliant totalement la quantité déversée, il y a maintenant plus de trente ans. La pression de pêche y est nulle… Un ou deux voisins une fois ou deux dans l’année… Et surtout moi et mon meilleur ami… Comme toute bonne chose, nous n’en abusons pas, et nous venons dans cet endroit magique moins de 5 de jours par an… Mais alors quel pied… Je viens de passer le week-end de la toussaint et de faire le plus beau combat que j’ai jamais eut…la bête c’est décrocher à 2 m de ma main, mais je sais qu’elle y est… La revanche est pour bientôt !

 

Tout cela pour dire que les plans d’eau privés sont un terrain de jeu à aller chercher… Mais si en plus c’est un agriculteur vivant reculé au milieu d’une campagne sauvage et authentique, c’est le top. Proposez vous pour entretenir un peu les berges et la végétation de la digue, offrez un petit brochet ne fois dans l’année, ça leur parle, ou si vous êtes un intégriste du no-kill comme moi, expliquez leur qu’il n’y pas de risque à remettre un poisson à l’eau… Que la nature est suffisamment bien faite pour qu’il n’y ait jamais trop de brochet… Dame nature se chargera toujours en  cas de déséquilibre de rendre celui-ci ponctuel…

  La Montagne

J’avoue avoir un petit faible pour la pêche en étang, même si je foule très régulièrement le fond de la rivière avec mes waders. Néanmoins ce penchant m’amène jusque dans les endroits les plus reculés et les plus fantastiques… En tout cas à mes yeux !

 

C’est que tardivement que j’ai découvert la montagne, et plus particulièrement les hautes Pyrénées. Depuis maintenant un peu plus de 10 ans, je passe au moins une semaine par an dans les hautes et belles vallées Pyrénéennes. De préférence à proximité du parc national.

 

On y trouve un nombre hallucinant de plans d’eau. Même les plus fréquentés peuvent permettre de se distinguer des autres pêcheurs et ainsi trouver des lieux  riches.

 

Avant tout, je voudrai préciser que le 65, est probablement le département le plus aleviné de France… En effet, même si le paysage est somptueux et les cours d’eau et lacs ont des eaux limpides et pures, la densité du poisson est l’objet du travail des FD et AAPPMA. Néanmoins, pour une fois ils ont véritablement su mettre en place un milieu de qualité avec des vraies réussites. Le cristivomer par exemple a réussi à s’acclimater dans de nombreux étangs de barrage… A tel point que la reproduction est courante et que les prises records ont de quoi stimuler n’importe quels pêcheurs.

 

Les terrains de jeu sont multiples… Les étangs, qui même haut peuvent être atteint en voiture. Bon la bien sur on retrouve les mêmes pêcheurs qu’à la maison. Mais nous sommes tout de même à la montagne… la haute montagne. C'est-à-dire un milieu capable d’être hostile ou réclamant une vraie condition physique si on veut en faire le tour complet du lac. Et c’est là que l’on peut faire la différence. Notamment sur les cotés abrupts, les endroits où les éboulis et la genèse des modelés a donné des milieux accidentés et profonds, avec un nombre incalculable de caches pour les poissons. Ainsi, même dans ces lieux fréquentés on peut encore trouver des spots de qualité. N’oublions pas ici que nous sommes dans un milieu dangereux à cause des éléments cités, alors on n’est jamais trop prudent.

 

Néanmoins, lorsque je parle de lacs pyrénéens, je pense à ceux qui nous obligent à nous lever à l’aurore, voir même bien avant, ceux qui nous oblige à enfiler de bonnes chaussures de marche, porter un sac lourd mais remplis de l’indispensable, et barouder 2 à 3 h minimum… Et là, l’effort est récompensé… Les yeux sont d’abord remplis d’un panorama absolument magique. La couleur de l’eau est un ravissement de vert, turquoise et de limpidité… Les journées sont meilleurs longues, et je serai trop vous conseillez le mois de juin .

 

Pour ce qui est de la technique, je vous renvoie à Predators… Le nombre de leurres efficaces et originaux pour toucher de la truite ou tout autres Salmonidés de ces milieux est en pleine explosion… Jerks, Cranks, soft bait tout est bon. Ma plus belle surprise cette année a été un tout petit Spinner Baits de chez Luky Craft. Il m’a permis de travailler dans toutes les couches d’eau avec ainsi de jolie surprise.

 

Je reste encore un peu frustré côté cristivomer… Mais les première prise m’engage à revenir… de très bonne heure jusqu’à très tard le soir.

  Conclusion

Ainsi, je dis souvent que je préfère faire un petit peu moins de poissons que les autres mais dans un lieu tranquille et propre… Mais si en plus ce lieu paisible et beau me rapporte des résultats bien supérieurs aux autres endroits de pêche bien plus fréquentés, alors c’est tout simplement le bonheur… Or, celui-ci se mérite ! Au terme de quelques heures de marche et de douleur physique. Ainsi, avec cette pratique, on ne pourra plus laisser dire que la pêche n’est pas un sport… Il suffit juste de communiquer là-dessus pour redorer le blason de notre passion.

 

manu à écrit.....des tonnes de TAEC

Non !! mon ami Manu ; excuse moi mais tu as faux sur ce point pas des tonnes de T.A.E.C ( lire truite arc en ciel ) sur ce parcours mais 60 KG par an maximum !! suite a la demande de la Fd et d'un président d'aappma ancien gestionnaire sur ce secteur ( n'oublie pas qu'il y a la fameuse libellule leuchorine à front blanc a protéger !!! ) au fait bonne année et au 23 !!!

ouais...

Je reconnais mon abus de langage au regard du mot "tonnes"... qui a pour but de dénoncer la pratique de lâcher de truite de bassine n'ayant aucune fonction d'enrichissement du milieu mais au contraire représente un acte stressant pour les populations en place... Enfin si je voulais jouer au "petit impertinent" je dirais que 60 kg multipliés par 20 ans cela fait bien des tonnes de poissons... et surtout une masse d'argent qui aurait pu servir à autre choses... notamment aux action que tu réalises aujourd'hui et qui me paraissent bien plus rationnelles à l’ égard vis à vis des milieux aquatiques.

Толковая статья!

Спасибо за Ваш труд, жду новых постов!


merci !

Je vous remercie pour votre travail, dans l'attente de nouveaux postes... (traduction du dernier message)... merci c'est cool !